"Car il ne faut pas prétendre connaître : si loin que puisse parvenir notre connaissance, elle sera toujours impuissante à résoudre les seuls problèmes qui se posent, en fin de compte. Il faut que le cœur dépasse l'intelligence et se jette au-devant de la foi qui l'appelle. Celui qui a fait, une seule minute de sa vie, un acte de foi sincère ou une prière fervente, a conquis plus de vérité que le plus laborieux génie. La foi du charbonnier élève plus haut que l'intuition des plus grands savants. Bien souvent la façon dont jugent et parlent les hommes pourrait faire se méprendre sur le chemin de la vérité; c'est que les hommes se trompent, et on ne peut leur demander que de se savoir ignorants. Nous ne voyons jamais en ce monde que des apparences, des formes, des effets isolés; nous ne pouvons rien en conclure. Si le monde caresse et flatte celui-là parce qu'il est intelligent, éloquent, riche ou bienfaisant, on ne doit pas en conclure que celui-là soit un modèle de perfection à imiter. Le plus parfait et le plus vertueux des hommes est peut-être le plus obscur et le plus ignoré, de sa naissance à sa mort. Mais alors, où chercher les conseils, les règles, la discipline dont on sent le besoin? A qui demander la solution des problèmes qui se posent pour chacun de nous? A Dieu d'abord, puisqu'Il le veut bien; et parmi nous, à ceux qui veulent notre bien parce qu'ils sont les délégués de Dieu auprès de nous; à ceux surtout qui nous aiment, parce que, pour faire du bien à quelqu'un, il faut d'abord et avant tout l'aimer."
In English
For one must not pretend to know: however far our knowledge may reach, it will always be powerless to resolve the only problems that ultimately matter. The heart must surpass the intellect and throw itself toward the faith that calls it. Whoever has, even for a single minute in life, performed an act of sincere faith or a fervent prayer has conquered more truth than the most laborious genius. The faith of a coalman elevates higher than the intuition of the greatest scientists.
All too often, the way men judge and speak might mislead one regarding the path to truth; the reason is that men err, and one can only ask them to recognize their own ignorance. In this world, we never see anything but appearances, forms, isolated effects; we can draw no certain conclusions. If the world caresses and flatters one because he is intelligent, eloquent, wealthy, or charitable, we must not conclude that he is a model of perfection to emulate. The most perfect and virtuous of men may be the most obscure and unknown, from birth to death.
But then, where should one seek advice, rules, or discipline when one feels the need? To whom should one turn for the solution to the problems each of us faces? First to God, if He wills it; and among us, to those who wish our good because they are God’s delegates to us; above all, to those who love us, for to do good to someone, one must first and above all love them.
Ferdinand Belmont was a French soldier during the First World War. Ferdinand had six brothers and one sister; Jean, Joseph, Maxime, Paul, Émile, Jacques and Victorine, all raised Catholic. Two of his brothers, Jean and Joseph, died during the First World War. This extract is from a letter he wrote to his brother Maxime. His last letter.
To do good to someone, one must first and above all love them.
Lettres d'un officier de Chasseurs Alpins, de Ferdinand Belmont . 1914-1915
